NDC : pourquoi cette norme continue-t-elle de faire tant parler d’elle ?

Initiée en 2012 par IATA, la norme NDC ne cesse d’être d’actualité. Pour autant, nombreuses sont les personnes qui ne comprennent pas les raisons de la mise en place de cette norme et les enjeux liés à cette-dernière.

NDC, un sujet qui ne date pas d’hier…

La norme NDC (« New Distribution Capability ») est née d’un constat fait par les compagnies aériennes ; elles ont constaté qu’il y avait une réelle différence de contenus entre ce qui était proposé sur leur site marchand et sur le GDS.

Ces compagnies aériennes voyaient un double bénéfice à moderniser le processus de distribution de l’offre mis en place depuis plusieurs décennies : cela allait leur permettre d’accroître leurs revenus en proposant plus largement leurs services additionnels aux clients et surtout, elles allaient pouvoir s’affranchir de certains coûts, notamment ceux liés aux GDS.

Cette norme, orchestrée par IATA, est avant tout un langage technologique commun à tous les acteurs pour mieux commercialiser leurs offres. Néanmoins, la réaction des compagnies aériennes quant à cette norme n’a pas été unanime : tandis que certaines, comme Air France, British Airways et Lufthansa, ont incité les agences à recourir aux canaux « NDC » en surchargeant les réservations faites sur les GDS, d’autres, comme American Airlines, ont opté pour une manière plus douce en mettant en place un incentive pour encourager les agences à utiliser les canaux NDC.

Afin de ne pas rester en marge de cette révolution, les GDS et TMC ont aussi engagé des réflexions et parfois même des développements autour de la norme pour devenir des acteurs majeurs de ce changement.

 

Et les Acheteurs et Travel Managers dans tout cela ?

Loin de pouvoir devenir des acteurs de la NDC, les Acheteurs et Travel Managers se retrouvent involontairement au cœur de cette mutation sans nécessairement en comprendre les tenants et aboutissants. Nous le savons, les préoccupations des acheteurs et travel managers résident dans la bonne gestion des dépenses liées aux déplacements professionnels. Or, bien que la NDC promette de révolutionner la distribution de l’offre aérienne, cette norme ne garantit pas nécessairement aux acheteurs et travel managers une maîtrise des dépenses annexes telles que les repas, l’accès au lounge ou les bagages supplémentaires.

Selon une étude menée par ACTE, Association of Corporate Travel Executive, un quart des Travel Managers, reconnait ne pas être sûr d’avoir compris la norme et ses nombreuses répercussions notamment sur la politique voyages. Cette incompréhension des Travel Managers ralentira très probablement l’adoption des entreprises aux différents canaux générés par la mise en place de la norme. De plus, au-delà de l’incompréhension se trouve la méfiance. En effet, les Travel Managers redoutent que cette norme mette en péril bon nombre de leurs préoccupations telles que le respect de la politique voyages, le duty of care, l’efficacité de leur SBT ou encore le contrôle des coûts.

 

Ainsi, nous voyons que la norme NDC bouleverse complètement le Business Model qui était en place depuis plusieurs décennies. Elle est devenue un sujet incontournable dans le secteur du voyage car il s’agit d’une réflexion menée à l’échelle mondiale et surtout, elle incite tous les acteurs de l’industrie, compagnies aériennes, éditeurs, TMC et entreprises clientes, à se remettre en question pour tirer profit de cette norme. La NDC a déjà fait couler beaucoup d’encre et risque de continuer sur cette lancée. Les effets globaux de cette norme ne seront probablement visibles qu’au cours de la prochaine décennie…

 

Cet article a été écrit par
Claire Vivet



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