RSE dans le T&E, effet marketing ou véritable enjeu ?

 

Pourquoi la RSE est-elle vue comme un effet marketing ?

Les démarches RSE des entreprises (Responsabilité Sociétale des Entreprises) se sont longtemps focalisées sur les aspects environnementaux dans l’optique de séduire de nouveaux consommateurs. Puis, dans un souci de rétention des talents, s’est développée une approche de Qualité de Vie au Travail et d’achats responsables. Face aux enjeux auxquels sont dorénavant confrontés nos sociétés et les entreprises, une stratégie RSE se doit dorénavant d’aller beaucoup plus loin.
« La RSE doit devenir un moyen pour l’entreprise de formaliser sa raison d’être et de générer de la valeur partagée avec l’ensemble des parties prenantes de son écosystème, d’un point de vue économique, social et environnemental, éthique et en transparence ».

 

Cette approche permet de générer de la valeur et de l’innovation à long terme en limitant ou supprimant les impacts négatifs de l’activité. Il n’y a donc pas une politique RSE parfaite à dupliquer, mais une politique RSE par entreprise car les activités, les époques et les lieux sont différents. Or, certaines initiatives semblent être des copiers-collers trop rapides.

La promesse ? Une meilleure performance et surtout une performance durable via l’innovation et la valeur partagée qu’elle génère.  Il est tentant de s’y engouffrer sans lui donner l’ampleur nécessaire.

Pourquoi cette démarche est-elle critiquée et vue comme un effet coup de pub?

Plusieurs raisons :

  • Elle est souvent mal déclinée opérationnellement : La vision est là mais le temps suffisant n’a pas été pris afin d’en faire une réalité dans l’entreprise et d’accompagner le changement de culture. Elle n’est donc pas incarnée par les employés qui sont pourtant les premiers représentants de l’entreprise.
  • Inversement, elle peut manquer dans la vision de l’entreprise ou être orientée uniquement sur les attendus des consommateurs
  • Elle est peu normée par définition, donc vue comme du « blabla » non mesurable.  Même si des cadres se développent, ils restent très généraux. Il faut dire aussi que l’on voit beaucoup de communication sur les objectifs mais pas toujours sur les résultats.

Toutefois ces dernières années ont vu une grande avancée dans l’approche. Les politiques RSE sont plus globales,  elles intègrent l’ensemble des parties prenantes (employés, fournisseurs etc…) et sont plus transparentes en terme de communication. Certaines entreprises se sont également construites autour d’un modèle RSE.

Des enjeux bien présents à mettre en place une stratégie RSE dans le Travel & Expense

Le Travel & Expense est un processus transverse dans l’entreprise. Concernant la RSE, il y a des initiatives issues des achats (sélection des fournisseurs), des initiatives souvent gérées de façon silotée sur la sécurité des voyageurs, du reporting sur le CO2 mais pas de vision globale. Il y a donc un enjeu à prendre de la hauteur pour en faire une stratégie et non un ensemble d’initiatives. Toutefois, cela nécessite de coordonner les acteurs et donc de mettre en place une gouvernance adaptée.

Mais définir une stratégie nécessite au départ de mesurer ses impacts pour définir des objectifs. Dans le domaine environnemental, accéder aux données devient clé.  En France, 31 % des travel managers déclarent ne pas disposer de données ou d’informations donnant une image précise de l’impact de leurs voyages d’affaires » (étude SAPConcur 2020).

L’évolution est de passer d’un ensemble de démarches isolées à une stratégie globale et coordonnée

Le déplacement ne s’arrête plus au déplacement professionnel classique. Il est désormais primordial de parler de mobilité au sens large (trajet domicile-travail, déplacements inter-sites…). Cela nécessite une forte coordination avec les Ressources Humaines. Le Travel Manager et l’acheteur doivent donc dorénavant aller chercher des alliés et collaborer encore plus fortement avec les autres départements.

« La RSE adresse la mobilité au sens large, nécessitant une forte synchronisation interne des acteurs ».

Les enjeux de productivité et d’économies restent forts, bien qu’ils ne soient pas toujours affichés et peuvent sembler contraires à la RSE, alors qu’il n’en est rien. Bien qu’il soit difficile de calculer des ROI sur ces éléments, il y a bien des gains à la clé. Le prisme pour prendre des décisions et lancer des actions doit donc évoluer.

A l’avenir, l’entreprise a besoin d’aller chercher des gains supplémentaires en dehors des négociations mais aussi de limiter les coûts potentiels liés aux risques (perte de talents, outils/processus obsolètes par rapport aux standards du marché, risque sanitaires/sûreté..)

« 62% des jeunes déclarent souhaiter travailler pour un employeur qui cherche à avoir un impact social et environnemental positif (Etude de Global Tolerance).  A l’avenir, l’alignement avec les valeurs des futurs talents devient un enjeu clé pour l’entreprise. L’inaction représente un coût (perte de talent, coût réputationnel…) qu’il faut désormais considérer »..

Pour innover et se développer, les fournisseurs ont besoin de fonctionner en écosystème et de développer l’interopérabilité, qui nécessite de revoir les modalités de travail et de sélection. La majorité des fournisseurs Travel doit devenir des partenaires. Il devient indispensable de choisir des partenaires partageant une vision et une agilité pour capter des savings dans la durée. Certaines agences l’ont bien compris et se sont lancées dans la RSE depuis plusieurs années. A titre d’exemple, CWT a été évalué  »Platinium » par EcoVadis et BCD Travel  »Gold ». La capacité des partenaires à générer des innovations, dans un contexte technologique évoluant très vite, permettra de générer plus de gains que les économies effectuées sur la négociation. Encore faut-il que les acheteurs puissent être évalués sur des performances achats plus visionnaires.

Vous souhaitez échanger sur la mise en place d’une politique RSE T&E, contactez nous !

Cet article a été écrit par

Amélie Berruex
Partner


Veuillez remplir tous les champs obligatoires.
L'email est invalide.
Les fichiers joints doivent être en doc, pdf ou docx.