Sûreté du voyageur: chaînon manquant du déplacement?

Dans un Monde où la menace est devenue constante, le sujet ne fait plus débat : l’entreprise doit mettre en place des mesures pour assurer la sûreté de ses collaborateurs en mission. C’est même une obligation légale inscrite dans le code du travail (article L4121-1 du code du travail).

Or trop nombreuses sont les sociétés, sous prétexte d’être à taille humaine ou de se déplacer peu à l’international, à relayer cette obligation au second plan. Dans l’éventualité d’une crise, elles préfèrent en effet réagir si nécessaire que réellement mettre en place des mesures préventives. A l’inverse, beaucoup de voyageurs ignorent comment ils sont couverts, quelles sont les règles de sécurité fondamentales ou encore la nécessité de passer par les canaux de réservation préférentiels. Au delà de tout catastrophisme, gardez également à l’esprit que le premier risque pour vos collaborateurs reste celui-ci de l’accident de la route.

Il n’existe pas de réelles normes en la matière. En général, le sujet est assez bien maîtrisé dans les entités importantes, dotées souvent d’un département dédié à la sûreté.

Il y existe toutefois des fondamentaux à observer :

  • Définir une gouvernance et des processus cohérents :

    • Quelles est la personne/le département le plus à même à prendre en charge la sûreté ?
    • Quel est son rôle exhaustif? Son champ d’action ?
    • Quels sont les interlocuteurs internes ? Externes ?
    • Quel est le circuit de validation le plus approprié/efficace ?
  • Identifier les besoins :

    • Quels sont mes destinations ? Ma population ?
    • De quelles assurances je dispose aujourd’hui ?
    • Comment assurer le suivi de mes collaborateurs ?
    • Quels prestataires solliciter ? De quel niveau d’expertise et d’accompagnement ai-je besoin ?
  • Communiquer auprès des collaborateurs :

    • De quelles informations ont-ils besoin ?
    • Quel est le canal le plus approprié ?
    • A quel moment et à quelle fréquence communiquer ?

Une fois cette étude réalisée, l’entreprise pourra se tourner vers les prestataires et solutions appropriées à son besoin : assureurs, spécialistes de l’assistance et du rapatriement, solutions de tracking et de suivi du voyageur,…

Un manquement au devoir de protection peut coûter très cher à l’entreprise. Outre le versement d’indemnités, elle peut se voir sévèrement condamner. Les cas d’école ne manquent pas mais 3 jurisprudences font état en la matière :

  • Jolo ou Ultra Marina (obligation d’informer le voyageur sur les risques avant et pendant le déplacement)
  • Karachi (obligation de mettre en place des mesures préventives pour garantir la sûreté du voyageur)
  • Abidjan (obligation d’assurer la protection du voyageur même en dehors des heures de travail)

Enfin, l’argument de la sûreté du voyageur peut être également un levier pour inciter les collaborateurs à utiliser les canaux de réservation préférentiels. En effet, les réservations passées en direct ne sont pas visibles de l’employeur qui, par conséquent, ne peut assurer son devoir dans les meilleures conditions. Vous faites alors d’une pierre, deux coups : en sécurisant le déplacement de vos collaborateurs vous assurez également leur adoption aux outils de votre entreprise !

Katheen Stilmant
Consultante Axys Odyssey

Cet article a été écrit par
Kathleen Stilmant



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